Magnificat !

Article de Mathilde de Robien sur aleteia.fr

Cela faisait 14 ans que Bruno et Inès Rouy espéraient un enfant. Une grâce qui leur a été donnée avec Philibert, né le 6 août 2022 et baptisé quelques jours plus tard au sanctuaire de Verdelais, en Gironde.

« Magnificat », c’est le mot qui vient immédiatement à l’esprit de Bruno et Inès lorsque nous leur proposons de témoigner de la naissance si longtemps espérée de Philibert. A l’instar de la Vierge Marie qui glorifie les merveilles du Seigneur, Bruno et Inès n’ont de cesse, depuis quelques mois, de rendre grâce à Dieu pour cet enfant qui les comble de joie. « La seule chose que nous trouvons à dire, c’est « Magnificat ». Il n’est pas évident de témoigner, car nous n’avons pas de réponse à d’éventuels « pourquoi » : pourquoi nous ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi un tel cadeau ? », expliquent-ils.

« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !« 

Nous avions rencontré Bruno et Inès il y a un an, au début de leur mission à Verdelais (Gironde). Ils avaient abandonné leur métier et le confort de la vie bordelaise pour s’installer en plein cœur de Verdelais, petit village à 60 km au sud de Bordeaux, à l’hôtellerie du sanctuaire marial dédié à Marie Consolatrice des Affligés. Le diocèse leur avait confié l’accueil des pèlerins du sanctuaire, avec le souci de faire de l’hôtellerie un lieu de repos et de ressourcement spirituel. Une mission qui découlait d’une blessure confiée il y a quelques années à Notre-Dame de Verdelais : Bruno et Inès ont perdu six enfants, « six intercesseurs au Ciel » aiment-ils à dire, en raison de fausses-couches successives.

Plusieurs raisons médicales, dont notamment une endométriose, altèrent la fertilité du couple. Pendant dix ans, Bruno et Inès sont suivis en NaProTechnologie. Six fausses couches précoces déçoivent leurs attentes. Il y a trois ans, les médecins les convainquent de ne plus espérer. Si chaque pathologie n’est pas incompatible avec une grossesse, leur cumul rend leur désir d’enfant sans grand espoir. « Il y a trois ans, nous avons donc renoncé à donner naissance à un enfant. Cela a été une grande souffrance, mais nous n’étions pas malheureux. Nous étions heureux, avec ce manque. Et paradoxalement, le fait de renoncer m’a en quelque sorte consolée : je savais que rien ne pourrait combler ce manque d’enfant », confie Inès.

Aujourd’hui, ils sont les parents de Philibert. Ils accueillent cette grâce avec une joie intense et une immense reconnaissance, sans chercher de justification. « Nous n’avons pas de réponse à d’éventuels « pourquoi ». C’est un mystère qui nous dépasse complètement. Certains nous disent : « c’est une récompense de votre mission à Verdelais », mais non ! Les dons du Seigneur sont gratuits, la Providence agit de manière gratuite ! », insistent-ils.

Ce qui demeure certain, pour le couple, c’est que le Seigneur veut le bonheur de chacun de ses enfants. Même si ses plans ne sont pas conformes à ce qu’on imagine, même si cela demande de renoncer à ses projets initiaux. « Nous avons confiance dans le fait que le Seigneur veut notre bonheur. Nous l’avons expérimenté dans l’attente, dans le renoncement, dans la mission et bien sûr dans l’arrivée de Philibert. Partout nous avons été heureux ! »

La grossesse d’Inès est pour elle un chemin de conversion. Dès le premier mois, éprouvée par ses expériences passées, elle est étreinte par la peur de revivre une fausse-couche. Elle trouve dans la prière du Notre Père une autre manière de vivre sa grossesse : lorsqu’elle demande au Seigneur de lui donner « notre pain de ce jour », elle lui demande une grâce quotidienne, celle de faire grandir, jour après jour, le petit être qu’elle porte en elle.

Si le Seigneur agit de manière généreuse et gratuite, il se laisse aussi toucher par les puissants intercesseurs que sont les saints et encore plus la Vierge Marie. « Comment ne pas faire le lien entre Verdelais, sanctuaire dédié à Marie consolatrice des affligés, et la magnifique consolation que nous venons d’accueillir ? », s’interrogent Bruno et Inès.

Autre signe du Ciel, une demande faite à Claire de Castelbajac. Le 16 novembre 2021, Bruno et Inès se rendent à l’abbaye de Boulaur (Gers) où les sœurs entretiennent un lien spirituel étroit avec la Servante de Dieu Claire de Castelbajac. « Je décide de demander à Claire un miracle suffisamment percutant pour étayer son dossier et faire avancer son procès de béatification », confie Inès. C’est ainsi qu’elle demande de tomber enceinte… d’ici la fin de l’année ! Quinze jours plus tard, elle a sa réponse, positive, à travers un test de grossesse. Informé, le postulateur de la cause de Claire de Castelbajac a considéré qu’il ne s’agissait pas d’un miracle à proprement parler mais d’une grâce par l’intercession de Claire. Signe parlant pour Inès : la mère de Claire a donné naissance à sa fille à l’âge de 40 ans, comme elle.

Pour Bruno et Inès, la naissance de Philibert est un prolongement de leur mission d’accueil. « Nous étions ici, à Verdelais, pour accueillir les pèlerins. Notre mission d’accueil prend un tour plus large finalement », se réjouissent-ils. Une mission qui s’achève à Verdelais dans trois mois, tandis que l’autre ne fait que commencer !

Bon à savoir :

La mission de Bruno et Inès se termine en décembre 2022. Le sanctuaire de Verdelais cherche un nouveau couple missionnaire. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le recteur du sanctuaire: Père Jean-Christophe Slaiher à .